Principe de précaution
Principe de précaution est-il fuite de responsabilité facile à faire avaler à une population placée volontairement culpabilisée. La grippe A, présentée comme pandémique au point où il fallait avancer masqué, vacciné, loin du voisin, loin du conjoint, loin des enfants, loin des vivants. C’était il y a quelques mois seulement où tel maire interdisant les bisous dans la cour (aurait-il ajouté « au lit » qu’il n’en aurait pas été plus ridicule !) mais aujourd’hui qui se souvient de cela ? Personne. A la trappe. Par contre qui doit payer les erreurs de gens, qui, très ordinaires au scanner, sont entendus comme experts. Comment peut-on se prétendre expert lorsqu’on est incapable d’avoir un début d’analyse commune sur une souche virale de grippe ? Existe-t-il encore des gens responsables capables de représenter les populations ? Il semble que non face aux lobbys, face aux avis forcément peu objectifs des gens qui représentent la firme qui les paye et qui , bien entendu, contribuent à la prospérité de leur propre entreprise. Devant un tel gâchis à faire brader des dizaines de millions de doses de vaccins au plus offrant à moins que, bientôt, il ne devienne nécessaire de payer pour détruire les doses et les masques (validité une seule année), personne ne se sent responsable. On roule pour vous et pour votre santé assure la ministre qui change d’avis plusieurs fois par jour. Le commune des mortels roule à 57km :h au lieu de 50 on le déclare coupable e ton le trouve. La France gaspille inutilement 2 milliards d’euros alors que 15% de sa population vit sous le seuil de pauvreté, alors que tant de gens n’ont ni logement ni à manger à leur faim, et pas de responsable. Personne n’a le courage de dire qu’il s’est trompé, tout le monde est donc prêt à recommencer. Le jour où il y aura une grave épidémie, qui, cette fois-là, pourra encore y croire ? Personne. On fait dire ce qu’on veut au principe de précaution conçu à l’origine comme principe objectif de discernement. Dois-je encore monter dans mon lit de peur d’en tomber suite à une mauvaise manœuvre.
Précaution ou principe ?
8 janvier 2010pataquès and co
4 janvier 2010Il y a quelques semaines, les affaires Julien Dray, Frédéric Mitterrand, tant d’autres encore dont les (tristes il est vrai) problèmes de santé de Johny Halliday, l’une effaçant l’autre sont passées à la trappe : toutes, pourtant, ont été hissées au stade d’affaire d’Etat, par les politiques, les télés, les radios, la presse…
Et pendant ce temps, le quotidien des citoyens qui perdent leur emploi par milliers, les pressions imbéciles et démoniaques des chefs, petits par la compétence mais dangereux par le maigre pouvoir qu’on leur à fait croire détenir, mine la société française jour après jour. Dans le même temps encore, 280 millions d’euros consacrés aux producteurs de lait européens apparaissent énormes quand la grippe A coûtera à l’Etat, donc aux citoyens, près de 2 milliards d’euros (sans les colossaux coûts des temps médias), 7 à 8 fois plus donc pour s’entendre dire en ce 14 décembre que le pic de l’épidémie est derrière nous en Europe, qu’elle y a coûté la vie à 1200 personnes alors que la grippe saisonnière y cause 40 000 décès chaque année.
Question : qui sera donc tenu pour responsable de ces dépenses qu’on doit d’ores et déjà considérées comme un énorme gaspillage financier puisqu’inutile.
On voit encore tel maire à la télévision demander à ses administrés de ne plus se serrer la main, de garder leur distance et bien entendu de ne pl us s’embrasser et moins encore de dormir dans le même lit, de coucher ensemble et tant d’autres choses encore. On voit encore une députée maire interdire aux enfants de maternelle ou d’école primaire de se faire un bisou. Quelle tristesse de raisonnement, quel manque de discernement, quel pataquès pour des rideaux de fumée fusant de langues peu inspirées. N’est-il pas venu le temps de réfléchir aux attentes réelles des citoyens notamment aux besoins des plus faibles ?
mutualisation et vie citoyenne
8 octobre 2009Mutualisation et vie citoyenne
Mutualiser ! Toujours mutualiser clamait-on lorsque ce mot devint branché voici trois ans. Berlusconi le pratique à haut niveau depuis longtemps, il a mutualisé les moyens de la presse italienne sous son aile, contrôlant, en plus de ses propres chaînes, une bonne partie des chaînes publiques de son pays. Au niveau des collectivités, on fait appel à cette notion sans discernement faisant croire qu’on a découvert l’eau chaude. Autant, convient –il d’être économe à condition d’en montrer soi-même l’exemple, autant convient-il de chercher des solutions pour faire progresser le sort des citoyens. Et alors, on s’aperçoit que les citoyens, eux-mêmes, apportent volontiers leur contribution, sans indemnité. Il faut cependant qu’ils soient reconnus comme citoyens c’est-à-dire accepter comme ayant voix au chapitre.
A écouter certains théoriciens de la chose, on pourrait regrouper les personnels des différents organes de presse, les personnels de toutes les écoles d’une cinquantaine de communes, les animaux de tous les agriculteurs, les personnels de toutes les communes au département, les garages, les commerces, les hypermarchés… Mutualiser sans discernement et à court terme revient à neutraliser tout progrès social ou économique en pratiquant le « je pense et j’agis pour vous et votre tranquillité » ou encore le « donne moi ta montre, je te donnerai l’heur e ». Pour certains c’est pareil, pour d’autres dont je suis non, mille fois non.
La réponse des tenants de cette notion, aujourd’hui absurde dans le contexte de crise sociale et mondiale que nous vivons est toujours la même : ça marche !
Mettre 40 élèves par classe ça marche aussi, supprimer tous les services publics (Poste, justice…) ça marche aussi. Suffirait-il de mutualiser les moyens des caisses locales de sécu pour boucher le trou de 30 milliards d’euros?
Une solution : « si tous les gens du Monde se donnaient la main au lieu de se taper dans le dos ou… sur le ventre, c’est selon ».
qui paie?
5 octobre 2009Qui paie,
La question est sans objet puisqu’il est bien connu que ce sont les défavorisés très nombreux, les salariés, les exploitants agricoles, les artisans, les commerçants, les retraités, les petites entreprises… bref tous ceux qui vivent de leur travail + les chomeurs . Mais de quoi sont-ils responsables dans la crise actuelle pour se faire taxer encore et encore? Peut-être de faire confiance à ceux qu’on leur a fortement conseillé de choisir à coups de messages bien ciblés. Ils écoutent les beaux parleurs en tenue de parade qui leur expliquent que ce ne sera pas grand-chose pour chacun et puis, les nantis savent que les pauvres sont généreux, sensibles à l’humain, si braves qu’ils en deviennent naïfs au point de manger un jour sur deux ,bientôt sans doute un jour sur trois, pour ne pas être trop gros, trop gras et, surtout, pour devenir plus résignés et donc moins combatifs pendant que d’autres se font coacher, mangent trois étoiles, roulent avec chauffeur pour garder leur permis, se congratulent, se tapent dans le dos et se préparent à être, le moment venu, les plus riches de leur cimetière.
Que reste-t-il à payer ? Un déficit budgétaire estimé à 8,2% du PIB alors, que deux ans plus tôt, dépasser les 3% faisait figure de mauvais élève européen, 30 milliards de déficit sécu en 2010, 7à 9 milliards pour la grippe H1N1, les bonus de tous poils repartis de plus belle, l’écotax, les taxes de A à Z émanant de partout, culpabilisant le simple fait d’être vivant sur une terre qui se réchauffe sans qu’ils en soient le moins du monde responsables.
Mais au fait, qui est responsable de ces déficits, appelés « abyssaux » à l’époque où ils étaient quatre fois moins importants, il y peu donc. Pourquoi trouve-ton immédiatement celui qui roule à 57km/h au lieu de 50 et qu’on ne met jamais la main sur celui ou le groupuscule qui conduit, sans foi ni crainte, les populations aux situations si dramatiques qu’elles en deviennent personnages de lamentable fiction.
qui exploite quoi ou qui
24 septembre 2009Qui peut rester insensible au désarroi des agricultrices réduites à faire des grèves de la faim devant leurs enfants et leurs familles, aux agriculteurs réduits à verser dans la nature des millions de litres de lait qui ont demandé tant et tant de travail. Faut-il que des gens qui travaillent tous les jours soient poussés à la ruine ou pire au suicide pour qu’enfin on commence à chercher des solutions qui, semble-t-il aujourd’hui, pourraient être envisagées pour améliorer les choses.
En quelques jours on est loin des propos de la commissaire européenne à l’agriculture, en exercice, qui prônait de réduire la production en diminuant le nombre d’exploitations, la même chose est préconisée pour la pêche. Or, continuer à pousser à l’agrandissement des exploitations ou des navires est une erreur fondamentale. Il est grand temps de revenir à la dimension humaine de toutes choses.
Lorsque les prix des produits agricoles chutent, les prix payés par le consommateur ne bougent pas, il y a donc bien revenu complémentaire pour un (ou plusieurs) maillon de la chaîne. Quelle est aujourd’hui la marge de manoeuvre d’un agriculteur au sein même de son exploitation quand les puissantes chaînes de l’intégration décident de tout y compris de ce qu’il doit faire et quand il doit le faire.
Dans une modernité innovante et d’avenir, l’agriculteur doit retrouver et au plus vite ses responsabilités au sein d’une polyculture des champs qu’il connaît et qui lui permettront de vivre de son travail. Il faut espérer que les évènements en cours menés par les agriculteurs eux- aussi victimes d’un système incontrôlé et inhumains aideront les décideurs à évoluer dans cette direction la seule qui soit de nature à allier économie, société et humanisme.
vendre deux bouteilles de lait pour acheter une bouteille d’eau
21 septembre 2009Tel est le sort actuel fait aux producteurs de lait. En réponse, trop de lait = chute des cours. N’est-il pas venu le temps de partager le fait que la pression d’un système porté par les ailes volantes de la dénommée rentabilité des portefeuilles d’actions doit cesser de broyer les acteurs de l’économie réelle. Hors du réel, que reste-t-il ?
Le système fait deux catégories de victimes : les producteurs en tous genres et les consommateurs. Baisse des prix pour les premiers, stabilité pour les seconds. La différence entre départ et arrivée des produits augmente donc, mathématiquement. Chacun dans l’intervalle a de bonnes raisons de se servir ; considérer le voisin qui, pourtant, est proche est devenu si ringard que lui tendre la main devient faiblesse et démagogie. Passe encore de le dire, mais le faire devient stupide et populiste. En parler publiquement sans se faire photographier est déjà un exploit.
Alors, d’aucuns pensent encore qu’il faut « diminuer les coûts de production ». Conception d’un autre temps consistant surtout à oublier terre et animaux au point, il y a quelques années, de faire manger de la viande aux bovins et ,pourquoi pas demain, de faire boire aux vaches leur propre lait après en avoir ôté la crème pour alimenter les castreurs de poux.
Pourtant, des solutions existent comme à tout problème à condition de placer l’humain et, en l’occurrence ici, l’animal en sujets essentiels des préoccupations. Saint Système, peut-être mal invoqué, s’est éloigné de ceux qui travaillent au quotidien dans le seul but de se nourrir et de se loger ce qui demeure les fondamentaux d’une vie humble sur cette terre
volume ou valeur ajoutée
25 juin 2009Volume ou valeur ajoutée
la question se pose du bout des lèvres de puis des années mais à peine était-elle posée que sifflait la réponse : « des quantités, encore de la quantité, toujours des quantités, du volume ». L’économie d’échelle lui emboîtait le pas envoyant au tapis tous ceux qui pensaient que l’être humain devait exister et vivre et, ose-t-il l’évoquer, élever ses enfants.
Regrouper les exploitations agricoles pour en faire de vastes espaces asservis aux exigences d’actionnaires ayant choisi d’investir en tête de filière intégrée, regrouper celles qui furent les coopératives pour en faire des organismes tentaculaires tant occupés à s’autoalimenter qu’ils en oublient leur raison d’être : permettre à des humains de vivre raisonnablement de leur travail sur une exploitation agricole à taille humaine, acheter des entreprises pour en piller les savoirs faire et en transférer les technologies sur d’autres sites laissant sur le carreau des centaines, des milliers de salariés qui, par leur engagement, ont permis le développement de l’entreprise originelle. Si c’était pour faire mieux ce serait moins pénible mais non car, une fois de plus, si argent et pouvoir vont si bine ensemble, ce n’est que rarement le cas pour concentration et meilleure santé.
Une gestion humaniste des espaces nationaux devient une urgence. D’un côté des métropoles sans âme où la qualité de l’air n’est plus guère maîtrisable, de l’autre un espace rural, vidé de ses habitants, spolié jour après jour de ses services au public pour y rendre la vie de plus en plus difficile. Il en est encore pour croire qu’un espace sans habitant est hautement écologique ce qui laisse présager du pire pour nos espaces communs. Chacun doit savoir que les Radicaux de gauche se battent au quotidien pour maintenir – en les adaptant au besoin – les services sur l’ensemble du territoire (la Poste, l’agriculture, l’artisanat, les PME…). Son influence s’est encore mesurée récemment lorsque le groupe de sénateurs RDSE s’est battu et le succès a été à 3 voix près pour que les communes de moins de 2000 habitants puissent être dispensées d’obligation d’accueil des enfants en cas de grève des enseignants de leur école.
Chacun de nous, pour ce qui est de l’action publique sur son territoire doit participer selon ses compétences et ses mandats au remplacement d’un système monopolistique à bout de souffle et à bout de course. Une nouvelle période humaniste et enthousiasmante s’ouvre, soyons en à l’avant garde. Aux volumes, préférons, pour le bien de tous, les valeurs humaines ajoutées.
Européennes
9 juin 2009Les résultats des Européennes montrent que les citoyens ne se reconnaissent pas citoyens d’Europe. Institutions trop lointaines, trop technocratiques, divorce profond entre politiques de profession et vie quotidienne, campagne électorale minimisée par la quasi-totalité des partis hormis Europe écologie. Je reste convaincu que c’est bien la proximité et la pédagogie qui sont les meilleurs garants de la démocratie ; un travail en ce sens et dans la durée de tous les responsables publics est indispensable car, et c’est réconfortant mais il faut le répéter, les citoyens, pleins de bon sens sont capables de comprendre les directives européennes dont la fin est justement de régler leur vie quotidienne.
Sur ce blog, c’est bien une conception pragmatique et proche du citoyen (territorial, régional, national, européen) qui vous est régulièrement proposée. L’avenir d’un Monde solidaire et respectueux de la qualité de l’espace que nous empruntons à nos enfants, s’il reste à imaginer dans l’action quotidienne, passera nécessairement par la responsabilité individuelle du citoyen et par l’engagement pragmatique des élus de tous niveaux qui doivent, avant tout, entendre l’écho des campagnes, l’avenir nature s’y propage.
Radicaux de gauche et élections européennes
8 juin 2009 info de notre ami Pascal Eric Lalmy (prg)
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> « Les socialistes sont consternants, ils ont écarté le PRG et le MRC avec le secret espoir d’enterrer leurs partenaires et maintenant qu’ils se sont pris une déculottée ils appellent au rassemblement.
> Il va falloir être très exigeant pour les régionales, d’autant plus que les écologistes regonflés à bloc vont sans doute lancer des listes autonomes dans toutes les régions avec de bonnes chances d’être devant le PS au premier tour et la possibilité de décrocher une ou deux présidence de régions!!! »
Cette remarque est fondamentale
Elle est même essentielle d’autant plus que la semaine dernière Harlem Desir se plaignait que le PS avait « manqué d’autorité sur ses alliés ». Quel mépris, quelle arrogance de la part de celui qui parle aujourd’hui de rassemblement dans lequel il verrait bien , malgré son échec cuisant, le PS en unique leader imposant cette AUTORITE aux autres à défaut de pouvoir gérer son propre parti à l’interne.
J’ajouterai un mot à l’intention de ceux qui se sont laissés à penser que Christiane Taubira et le PRG avaient eu des responsabilités dans l’échec de Jospin. Hier , pas de PRG (à mon grand regret mais c’est ainsi), pas de MRC ni dautres européens convaincus et pourtant un PS « au fond du trou », pire qu’en 2002.
je pense en effet que les négociations aux Régionales doivent être à la hauteur de ce qu’attend la population de la part de notre parti.
Par ailleurs, on doit tous remercier François Bouriot des efforts qu’il a déployés pour essayer que le PRG fût présent à ces européennes
michel priziac
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alimentation de proximité, alimentation de qualité
29 mai 2009Eléments du débat « Alimentation de Proximité – Alimentation de Qualité »
Organisé le 16 mai 2009 par le Conseil de Développement du Pays de Guingamp dans le cadre de la journée « Notre Pays en Mouvement »
Intervenants :
Françoise BALAY, GAB 22,
Anna LE MAITRE, Adjointe au maire de la Chapelle Neuve,
Yvon PHILIPPE, Maire de Coadout,
Jacqueline RIOU, Cuisinière du Centre Forêt Bocage.
Animateur : Michel PRIZIAC, Président de la commission « Aménagement de l’Espace et Valorisation des Ressources Naturelles » au Conseil de Développement du Pays de Guingamp.
Compte-rendu réalisé par : Gwenn ABAZIOU, chargée de projet sur l’Empreinte Ecologique au Conseil de Développement du Pays de Guingamp.
Michel Priziac : Quel est l’état des lieux de l’agriculture (biologique notamment) dans les Côtes d’Armor et dans le Pays de Guingamp ?
Françoise Balay : Il y a 248 exploitations agricoles biologiques dans les Côtes d’Armor dont 53 dans le Pays de Guingamp, toutes productions confondues. Cela représente 2,3% de SAU dans les Côtes d’Armor. Pour le GAB22, l’objectif à atteindre en termes de surface sur les Pays de Guingamp et du Trégor-Goëlo est de 10% de la SAU en agriculture biologique. Les démarches de conversion engagées ne sont pas très nombreuses actuellement, on dénote cependant un « Effet Grenelle » stimulant. Il est nécessaire que les agriculteurs prennent le temps de se faire accompagner d’un point de vue technique lors de la démarche de conversion (il faut compter 2 ans en moyenne pour la conversion des terres en bio).
Yvon Philippe : Il y a eu une métamorphose importante du monde rural, une amélioration des conditions de production et de vie sur les exploitations. La productivité a beaucoup augmenté (lait, céréales) et les grands groupes alimentaires se sont mis en place. Les CETA permettent une formation des agriculteurs. Y a-t-il des structures équivalentes en bio ?
FB : Le GAB 22 propose des formations en groupe, animées par un technicien. Il n’existe pas en agriculture biologique d’équivalent de CETA sur les Côtes d’Armor mais plusieurs groupes informels de formation se réunissent (Paysans boulangers en Côtes d’Armor par exemple).
MP : Restauration collective et alimentation biologique…
Jacqueline Riou : Un repas entièrement biologique est servi sur le Centre Forêt Bocage chaque semaine. Mis à part cela, les yaourts, fromages, riz, pâtes et œufs servis proviennent toujours de l’agriculture biologique. Les œufs et les produits laitiers sont achetés à l’épicerie du bourg et la viande à proximité du Centre. Il y a un surcoût lié à l’achat de produits biologiques. A titre d’exemple une douzaine d’œufs biologiques coûte 3,90 euros alors que le tarif pour 12 œufs issus de l’agriculture conventionnelle est de 2,20 euros.
FB : Le surcoût est lié au nombre important d’intermédiaires, qui appliquent néanmoins la même marge. Mais se fournir auprès d’un petit producteur local ne réduit pas nécessairement les coûts puisque des frais de transport s’ajoutent également. Par ailleurs les surcoûts peuvent être limités par le respect de la saisonnalité des produits. Pour le GAB, le bio et la proximité sont indissociables. Pour composer des repas totalement ou partiellement biologiques, il faut travailler à la fois avec des entreprises privées et des producteurs locaux. Il n’y a pas de recette clé, il faut adapter chaque projet à la réalité du territoire. S’il n’existe pas de production locale, on va chercher plus loin.
YP : N’y a-t-il pas un décalage entre les zones de production et les zones de localisation des consommateurs ? Et dans ce contexte comment atteindre l’objectif des 10% de la SAU en agriculture biologique ?
FB : Il faut plutôt miser sur des repas partiels en bio, et s’il y a un producteur local motivé, faire appel à lui. Par exemple, dans le Morbihan, 12 communes rurales se sont regroupées auprès des fournisseurs pour proposer un repas biologique par semaine. Il faut trouver des formules adaptées à chaque territoire.
MP : A propos du coût des produits agricoles… Qu’est-ce qui rend le produit agricole moins cher ? Qu’est-ce qui fait que le produit bio est plus cher ?
YP : La PAC, l’aide aux entreprises par les collectivités… rend le produit agricole moins cher. Chaque agriculteur touche environ 19500 euros d’aides par an en moyenne. En conventionnel, le prix du produit lui-même est de 20% seulement du prix payé par le consommateur, le reste c’est de la marge. En bio, il y a un déficit important de production. N’y a-t-il pas un abus de la part de certains producteurs bio qui fixent des prix trop élevés ?
FB : Il faut faire évoluer la mentalité des producteurs qui livrent en direct. Pour ce qui est des grossistes, il y a un rapport de force qui est déjà installé. Le coût de production en bio est environ 10% supérieur. Il existe par ailleurs un surcoût lié aux contrôles et aux contraintes administratives, plus fortes en bio.
MP : Le surcoût lié à « taille » des exploitations est aussi important. Une exploitation conventionnelle couvre environ 100 ha alors qu’une exploitation en bio est plus proche des 20 ha.
FB : Mais en bio et en vente directe on arrive à une valeur ajoutée plus élevée sur des surfaces plus petites.
YP : À Coadout le nombre d’agriculteurs baisse mais la quantité de denrées alimentaires produite (céréales, lait, porc) reste sensiblement la même, la taille des exploitations augmente donc.
Anna Le Maître : C’est la même chose sur la Chapelle Neuve.
FB : Les exploitations sont de plus en plus grandes, la vente se fait désormais en gros, par des coopératives et des grossistes, et de moins en moins en vente directe. Plus la pression exercée par les familles, les collectivités et la restauration collective sera forte, plus les coopératives réfléchiront à relocaliser leur production. Les groupes légumiers bios dans le secteur exportent 90% de leur production en Allemagne et en Grande Bretagne… La vente directe est adaptée aux familles mais pas à la restauration collective ni aux collectivités. Il faut trouver des solutions adaptées.
MP : Quels sont les leviers politiques existants ?
YP : Le problème est que les sièges de décision ne sont pas sur le territoire (ex. Entremont en Savoie). Il est difficile de pouvoir avoir une discussion avec LE véritable responsable.
MP : Qu’est-ce que la qualité (en restauration collective en particulier) ?
JR : Utiliser des produits frais, cuisiner sur place…
YP : Les contrôles sont les mêmes pour les petites et les grandes structures, mêmes obligations, mêmes règles. Le Plan de Maîtrise Sanitaire doit être affiché dans les cantines, il s’agit d’un règlement sanitaire, sans aucun lien avec l’aspect gustatif de la qualité. Les registres sont vérifiés par les inspecteurs de la DDSV. Mais il est important de donner la responsabilité aux personnes… « Je produis quelque chose de qualité, je fais attention à ce que je fais… »
MP : La qualité passe surtout par le goût, l’amour de la cuisine… et le contact humain.
FB : Une anecdote à propos d’une cuisinière incitée à faire des repas bio. Cette cuisinière s’est faite accompagner par le GAB22 pour composer ses menus, introduire progressivement des produits bio et frais dans les repas. Au début, elle a trouvé cela difficile mais maintenant elle en est ravie. Cela responsabilise davantage le personnel de restauration collective, qui retrouve ainsi la conscience de produire des repas de qualité, et plus globalement l’amour du métier.
YP : L’appréciation d’un repas se fait en fonction de ce que les enfants ont l’habitude d’avoir. Le goût est personnel et très lié à la culture générale, à l’éducation à l’équilibre alimentaire. Les cuisiniers ont une responsabilité lourde pour que les repas soient appréciés.
JR : Si on sert de la ratatouille seule, ça ne passe pas, mais si on l’accompagne de semoule ça passe très bien.
YP : Sur Coadout, 38 repas sont servis chaque jour. On se sert principalement de produits locaux. Les légumes frais sont achetés en grande surface mais sont issus de productions locales, et préparés sur place par la cuisinière.
MP : Le contact humain est essentiel. On ne doit pas servir des assiettes à la chaîne dans les selfs mais demander à chaque élève ce qu’il veut, et adapter les portions en fonction des élèves. Cela ne demande pas beaucoup de temps en plus mais un effort de la part des cuisiniers et des gestionnaires.
YP : Il serait intéressant d’évaluer quelle quantité de déchets ressort des restaurant collectifs types Sodexo sur le territoire du Pays.
FB : Une expérience similaire a déjà été conduite sur le lycée de Merdrignac dans le cadre du calcul d’empreinte écologique réalisé par REPAS-RC.
MP : Consommateurs… N’existe-t-il pas une dichotomie entre les comportements et les discours…
FB : Souvent le comportement « achat bio » est d’abord adopté pour l’alimentation des enfants (pour des questions de santé), puis étendu à toute la famille (comme pour l’homéopathie). Ce comportement est ensuite étendu à toute la famille. Pour beaucoup, le prix reste un des arguments principaux pour ne pas consommer bio. En réalité, c’est plus un argument qui a tendance à bloquer l’esprit et à empêcher de creuser les véritables raisons de nos comportements alimentaires. Par ailleurs, le bio conserve encore une image « sectaire » dans l’inconscient de certains.
Conclusion :
Il faut faire attention à ne pas tomber dans le « sectarisme » : proximité et qualité ne sont pas synonymes de rejet de toute forme de progrès, bien au contraire. La responsabilité de chacun est impliquée dans le choix des produits que nous consommons, et le goût et le plaisir de manger vont bien souvent dans le sens d’une consommation de produits de qualité et de proximité ! Enfin, consommer des produits locaux et de qualité, biologiques ou issus d’une agriculture raisonnée, permet de réduire notre impact sur l’environnement, et donc notre empreinte écologique.
Publié par michelpriziac 